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Cycle féminin

– Cet article est l’introduction d’un dossier “Douleurs au féminin” publié dans le magazine “Soins et Santé” (juin 2022)

Si le cycle féminin était un film, voici qui serait les acteurs, le décor et le scénario pour concourir aux plus hautes récompenses…

Petits rappels anatomiques : les acteurs et le décor

L’acteur principal est l’appareil génital féminin. Positionné entre la vessie à l’avant et la partie terminale du gros intestin (le rectum) à l’arrière, il est situé dans le bas-ventre et se compose de la vulve, abritant l’entrée du vagin, qui mène au col de l’utérus et à l’utérus, lui-même prolongé de part et d’autre par les trompes de Fallope et les ovaires.

L’utérus est l’organe de la gestation de la femme. Il mesure environ 8cm et est composé d’une couche musculaire très élastique, capable de se déformer pour accueillir le bébé, et recouverte d’une muqueuse, appelée endomètre, qui tapisse toute la cavité utérine. La couche la plus interne de l’endomètre s’épaissit chaque mois et est éliminée via les règles (ou menstruations).

Les trompes connectent l’utérus aux ovaires, où a lieu tous les mois l’ovulation, c’est à dire la libération d’un ovocyte, qui sera rebaptisé ovule s’il est fécondé dans les heures qui suivent son expulsion de l’ovaire.

Le scénario d’« Un mois sans fin », ou le cycle féminin

L’action se déroule en parallèle sur deux tableaux, parfaitement coordonnés. Elle dure en général autour de 28 jours. Le premier jour du cycle (J1) est le premier jour des règles.

Le premier tableau voit se dérouler le cycle ovarien

Il est composé de 3 phases successives : la phase folliculaire (de J1 à J14) correspond à la maturation d’un follicule à la surface de l’ovaire et aboutit à la phase ovulatoire à J14, avec la rupture du follicule et l’expulsion de l’ovocyte vers les trompes : c’est l’ovulation. S’ensuit alors la phase lutéale (J14 à J28) et la transformation du follicule en corps jaune à la surface de l’ovaire, qui régresse jusqu’à la fin du cycle, puis disparaît.

Dans le deuxième tableau se joue la symphonie du cycle hormonal.

Le cerveau tient le rôle du chef d’orchestre, via une petite glande appelée hypophyse.

L’hypophyse envoie ses ordres aux ovaires grâce à deux hormones : la FSH (Follicle Stimulating Hormon), qui stimule la maturation du follicule et la sécrétion d’oestrogènes, et la LH (Hormone lutéinisante), qui déclenche l’ovulation et stimule la production de progestérone et d’oestrogènes.

Les musiciens sont les deux ovaires qui répondent en produisant, à partir du cholestérol, les hormones sexuelles, à savoir : des oestrogènes, sécrétés par le follicule puis par le corps jaune, et de la progestérone,sécrétée par le corps jaune.

L’épaisseur de l’endomètre varie au fil du cycle, en augmentant pendant la phase folliculaire sous l’action des oestrogènes, puis de la progestérone juste après l’ovulation. S’il n’y a pas fécondation, la chute du taux de progestérone entraîne la désagrégation de la couche fonctionnelle de l’endomètre qui s’évacue alors par les règles. Il s’agit d’un phénomène d’inflammation locale normal (physiologique), qui crée des contractions du muscle utérin pour faciliter l’expulsion de la muqueuse.

Tout cela est bien beau, mais moi…

Ce film concourt normalement dans la catégorie “Film romantique” et se retrouve parfois classé par erreur dans celle des “Films à suspense”, voire “Films d’horreur”.

Les douleurs et autres perturbations du cycle sont très facilement accueillies avec beaucoup de fatalité et banalisées, déclarées comme «normales » tout au long de la vie jusqu’à la ménopause, où d’autres manifestations peuvent parfois prendre le relais.

Tout cela n’est pas une fatalité, et de nombreuses choses peuvent être faites pour que votre cycle retrouve toute sa fluidité naturelle. Reprenez le contrôle!

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